École nationale d’art (ENDA)

Cas d’écoles

Du Collège de la Biennale de Paris, par l’Institut des hautes études en art plastiques à l’École nationale d’art (ENDA).

Après plus de quatre années d’existence du nouveau et bientôt ex Institut des hautes études en arts plastiques (Iheap), une décision de justice a décrété illégale l’utilisation de ce nom pourtant tombé dans le domaine public en 1995 il y a maintenant plus de vingt ans…. L’Institut créé en 1985 par la Ville de Paris avait en effet été liquidé avant d’être repris en 2012 par la Biennale de Paris.

Comme il en avait été le cas avec la Biennale de Paris, cette captation institutionnelle s’est inscrite dans la continuité historique de l’institut d’origine, en la réorientant sur des enjeux liés à ceux de l’art à l’oeuvre au XXIe siècle.

Cette résurrection de l’existant fut dirigée vers une problématique ré ective, c’est à dire une possibilité de s’interro- ger aussi sur le rôle et la place de telles institutions dans le monde de l’art, sur les enjeux d’une éducation artistique libre, d’une gestion des savoirs et visiblement sur la répartition des pouvoirs.

En permettant à cet institut de revivre, dans le respect de son histoire et sous des problématiques nouvelles, il devenait un agent pédagogique et économique circulant dans un monde de l’art où peu, voir aucune initiative, ne permet à beaucoup de pratiques actuelles d’exister, en dehors du marché ou du circuit de légitimité des grandes institutions.

Il ne s’agissait pas alors d’agir à l’encontre d’un système établi, mais en marge, de manière latérale à l’intérieur même de celui-ci. La mobilité de l’institut et son horizontalité totale lui conféraient une liquidité au service de l’artiste qui le traversait, pour lui donner la possibilité d’oeuvrer directement sur l’infrastructure de l’art, et de s’affranchir du rôle qu’on lui avait dessiné. Cette décision de justice n’entrave en rien la conduite de cette démarche, car son action n’est pas inhérente à son nom.

Cette décision est en revanche symptomatique d’un monde de l’art profondément conservateur, qui a sans doute oublié qu’une des forces de l’art réside aussi dans la coexistence possible de vérités contradictoires.

L’Institut des hautes études en arts plastiques (Iheap) aura pu être réactivé et oeuvrer à faire exister autrement cette institution.

C’est ainsi que tout un chacun devrait pouvoir agir sur ce qui est supposé appartenir à l’État, sans en revendiquer le droit, la légitimité ou le pouvoir spéci que. La Biennale de Paris quant a elle, poursuivra son action pédagogique à travers l’École nationale d’art (ENDA).

Une action qui est plus que nécessaire aujourd’hui, tant sur les recherches qu’elle mène en art que sur sa capacité critique du système de l’art, car elle fait écho à une situation politique, économique et sociale qui dépasse celle de l’art. Parce qu’elle pose la question du rapport du citoyen vis-à-vis de ses institutions, et de l’institution face à un « néo-libéralisme » qui démantèle progressivement la notion même d’État.

Au 1er janvier 2017 la Biennale de Paris à donc ouvert l’École nationale d’art (ENDA) en poursuivant le travail qu’elle a mené avec l’Institut des hautes études en arts plastiques (Iheap), qui rassemble pour cette année encore un groupe de recherche à Paris et à New York.

Un groupe de recherche grâce auquel a été créé en novembre dernier la première foire des écoles d’art alternatives à New York (Alternative Art School Fair), et grâce auquel le premier Forum mondial des économies de l’art (FOMEA) débutera en décembre 2017 à Paris.

En se nationalisant, c’est une dimension nouvelle qui s’ouvre, celle d’inverser l’idée selon laquelle l’of ciel est hiérarchique.

C’est penser une institution inductive et inclusive, qui ne se préoccupe pas de ce qui vient d’un haut et qui s’établit sur l’émergence d’attitudes et de pensées parfois marginales.