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Identité

Enjeux
Modifier l'idée de l'art.

Objectif

Identifier et activer des pratiques invisuelles.
Constituer une alternative aux valeurs établies de l'art.
Préfigurer un nouveau statut de l’art.
Composer une masse critique.
Valoriser des potentiels.

Stratégie
Être liquide.
Convertir les failles en espaces à ne pas remplir.
Quand le sol est occupé, occuper le sous-sol.

Un art sans œuvres d'art
Nous n’avons aucune preuve sérieuse que l’art est dépendant de l’œuvre d'art. Pour cette raison, nous pouvons supposer le contraire. La Biennale de Paris n'expose ni ne présente d'aucune façon des œuvres d'art : vidéo, photographie, dessin, peinture, sculpture, installation, numérique, hypermédia, son, multimédia, performance, action, happening, simulation...

Un art sans exposition
Sans œuvres d'art il n'y a pas d'exposition. Les démarches associées à la Biennale de Paris induisent leur propres modes d'être qui ne sont pas ceux de l'exposition. Elles s'inscrivent directement dans la réalité sociale dont. Opérer est le plus souvent leur mode d'être.

Un art sans public de l'art
Sans œuvres d'art et sans exposition, il n'y a rien à voir, pas plus qu'il n'y ait de spectateur ou de ce qu'on appelle couramment "publics de l'art". La Biennale de Paris est une biennale sans spectateurs, elle se dispense du spectateur qui ne conditionne plus l'art ou les auteurs.


Un art sans commissaires d'exposition
Un art sans exposition n'a plus besoin de commissaire d’exposition. Mais si nous devons utiliser encore ce terme, nous pouvons dire que chaque auteur est son propre commissaire d'exposition, dans la mesure où celui-ci détermine le mode d'être et d'inscription de sa propre pratique.

Un art sans médiateurs
C'est la nature d'une pratique qui détermine son mode de transmission. S'inscrivant dans le réel au point de s'y confondre, les pratiques que la Biennale de Paris identifie et active contiennent en elles-mêmes leurs propres modalités de diffusion : elles ont une capacité d'automédiation.

Des auteurs sans autorité
L'autorité ne correspond pas à une qualité inée, mais à une attribution qui légitime le pouvoir de commander et d'être obéi. Sans œuvres d'art, l'autorité nostalgique de l'artiste disparaît au profit d'autres types d'autorats. Les pratiques associées à la Biennale de Paris sont des processus ouverts dans lesquels leurs auteurs interviennent de manière déterminante mais non définitive. Toute personne qui participe à la modification de l’idée de l’art peut être qualifiée d’artiste.

Une rupture avec la norme de l'art
La norme de l'art est une conclusion de départ. La norme de l’art c’est quand l’art est le médium de l’art. Elle est un accord tacite, habituellement répandu, considérée le plus souvent comme une règle à suivre et qui définit ce que l’art doit être. Elle est ce qui est conforme à ce dont on a l’habitude, ce qui ne surprend ni ne dérange. C’est une « matrice de pensée » qui précède l'artiste, qui lui vient depuis l'extérieur et qui le formate. Elle régit le secteur de l’art depuis sa constitution il y a 600 ans, à la Renaissance. La norme de l'art détermine l'art sous cette forme : l'oeuvre d'art implique l'exposition qui implique les publics de l'art. Sa source tient donc au fait de considérer l'art comme dépendant de l'oeuvre. La norme de l'art c'est un acquis devenant une première nature. Elle est perçue comme naturelle : pour cette raison, il est très difficile non seulement de s’y affranchir, mais plus encore d’envisager même cette possibilité. Ce qui sort de son cadre n’est pas perçu comme un art. Ne pas lui obéir est perçu comme une anomalie. Elle induit une valeur objective. Elle détruit les subjectivités, l’esprit d’inventivité et le désir d’explorer l’inconnu. Si jusqu'à présent l'art s'est construit par des élargissements successifs de la norme de l'art, aujourd'hui et à partir des expérimentations du siècle passé, cette transformation continue ailleurs et autrement. Envisager l’art de cette façon peut être perçu comme un néant ou une rupture totale avec l’existant, mais en réalité il s’agit d’une différence face à ce qui nous paraissait normal. Les pratiques constitutives de la Biennale de Paris rompent avec la norme de l'art, mal acceptée par certains qui la voient comme une aliénation et pour lesquels la première spécificité de l'art est la liberté de penser l'art en dehors de tout schéma préétabli.

Penser l'art
Etre dans les rangs c'est être pensé par l'art. Celui pensé par l’art ne pense pas : d’autres l’ont fait à sa place. Imiter une finalité c’est imiter un modèle de pensée qui détermine cette finalité. Imiter ce modèle de pensée c’est reproduire l’idée qui se situe en amont. En un mot, c’est être pensé par l’art. La routine est l’expérience du fait d’être pensé par l’art. Penser l'art c'est la faculté d’agir par soi-même en adoptant sa propre loi. Penser l’art, à défaut d’être l’expression d’une certaine unicité, est la marque d’une subjectivité certaine. Penser l’art c’est être entre la norme de l’art et les autres champs d’activité que celui de l’art. Quand on pense par soi-même, même quand on se trompe, on va plus loin, que lorsqu'on obéit à une pensée toute faite, qui n’est donc pas la nôtre, et ce, quelque soit sa promesse. La liberté élémentaire est la faculté d'agir selon sa volonté et sans être entravé par le pouvoir d'autrui. Elle est la capacité de se déterminer soi-même. Elle se définie par l'absence de servitude et par l'autonomie du sujet rationnel. Les pratiques constitutives de la Biennale de Paris comportent une liberté élémentaire qui a comme conséquence immédiate leur insoumission aux valeurs de l'art dominant. Pensé à partir du réel, l’art identifié et activé par la Biennale de Paris est différent d’un art pensé à partir de l’art.

Une critique augmentée
Un des enjeux d’une pratique évoluant en dehors des sentiers battus est d’impacter sur les valeurs établies de l’art pour bouger les lignes. Aujourd’hui, l’art est gouverné par des puissances qui lui sont externes et qui pour l'essentiel sont économiques, politiques et médiatiques. Aujourd’hui, l’artiste, seul, quelles que soient les qualités de ses propositions, reste impuissant dans cet assemblage de pouvoirs, dans lequel il fait souvent office de sous-traitant. Seules les démarches affranchies des valeurs établies de l’art, comme celles associées à la Biennale de Paris, ont une capacité critique. Elles restent cependant inefficaces si elles agissent de façon unipersonnelle. Aujourd'hui, on ne peut être critique qu’à plusieurs et en agissant à échelle systémique. Nous pouvons voir la critique augmentée comme une critique à échelle systémique dépassant l'échelle d'un seul artiste. Ce mode d'organisation que la Biennale de Paris a adopté, est une mise en synergie de subjectivités attachées aux même valeurs assurant ainsi l’émergence d’une critique augmentée.

Une institution horizontale
La Biennale de Paris se définit comme une institution horizontale : un mode d’organisation dont la nature, les règles et le fonctionnement sont déterminés par les personnes ou par les entités qui lui sont constitutives. Par cette approche horizontale, la Biennale de Paris est une organisation cellulaire. Les pratiques associées à la Biennale de Paris sont constitutives et décisionnaires de celle-ci, elles induisent leurs propres modes d'être, leurs temporalités et leurs localités. Chaque personne ou entité associée à la Biennale de Paris est considérée comme un partenaire. Ici la notion d’institution a une intelligence qui lui est propre. Ce type d'organisation est légitime sur le plan de l’art; son existence même provient des nécessités légitimes.

Un public naturel
La nature des démarches associées à la Biennale de Paris implique un autre type de public que celui que l’art connaît : celui-ci est un public naturel. Ce sont des personnes qui, volontairement ou par hasard, interfèrent avec des pratiques qu’elles ne repèrent pas forcément comme artistiques et dont elles sont parfois un élément déterminant.

Opérer
Désigne une façon de faire qui, contrairement à l'exposition, ne nécessite pas d’être présentée pour exister et qui se fixe pour but de bouleverser l’appréhension que nous avons de notre vie.

Des pratiques invisuelles
La Biennale de Paris favorise les pratiques invisuelles. Celles-ci se manifestent autrement que sous forme d'œuvres d'art; ce sont des services, des processus, des documents opérants, des expériences de vie... Ces pratiques sont inscrites dans le réel à tel point qu’on ne peut pas toujours les distinguer de ce qui les entoure. L’invisuel relève du visible mais pas en tant qu’art. C'est l'exercice de l’art à l’exception de son caractère visuel. C'est en quelque sorte une invisibilité artistique. Pour les pratiques associées à la Biennale de Paris, le réel est le médium d'un art affranchi du médium de l'art.

Une transmission orale
Le mode de transmission adopté par les pratiques de la Biennale de Paris est le plus souvent l'oralité que la documentation complète parfois. En être, être ou mettre au courant est pour ces pratiques ce qu'exposer est pour les pratiques visuelles, le lot commun.

 
Informations
Un héritage excéptionnel
Participations
Dates et lieux

Identité
Enjeux
Objectif
Stratégie
Un art sans œuvres d'art
Un art sans exposition
Un art sans public de l'art
Un art sans commissaires
Un art sans médiateurs
Des auteurs sans autorité
Une rupture avec la norme de l'art
Penser l'art
Une critique augmentée
Une institution horizontale
Un public naturel
Opérér
Des pratiques invisuelles
Une transmission orale
Extensions
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