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| En 1958, Raymond Cogniat propose à André Malraux de mettre en place, à Paris, une manifestation dont l’objectif est de présenter un panorama de la jeune création internationale. La Biennale de Paris est ainsi créée en 1959, sa Ière édition étant inaugurée par André Malraux au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, le 3 octobre. La XVe Biennale de Paris a lieu du 1er octobre 2006 au 30 septembre 2008 à Paris (P), en Régions (R) et dans le Monde (M). Au-delà de cette classification territoriale, des projets Tous Territoires (TT) et des projets Sans Territoire Fixe (STF) participent à cette édition. La Biennale de Paris, loin du ronronnement des grandes manifestations internationales, s’attache à découvrir et à défendre un art exigeant, en phase avec notre contemporanéité, avec ses évolutions politiques, économiques et sociales. Un art qui ne se contente plus de produire des objets à l’usage d’un marché, d’une mode ou d’une élite culturelle. Un art qui se définit comme une façon de penser l’art et de l’activer plutôt qu’un ensemble de produits artistiques. Un art qui ne cherche plus le spectaculaire mais qui interroge, qui essaie et qui opère. La Biennale de Paris, pour atteindre ces objectifs, ne se limite pas à un lieu, une ville, un espace, une salle d’exposition, ni même une durée définie : pour accueillir des propositions insolites, immatérielles, invisibles, il faut adapter son dispositif aux projets des artistes. La Biennale de Paris est simultanément au centre et à la périphérie de chaque projet participant. On ne rencontrera pas uniquement des artistes. La Biennale de Paris est le dispositif où se manifeste une pensée qui ne peut trouver place dans les institutions traditionnelles, trop lourdes, trop lentes, trop timides. La Biennale de Paris n’a pas de contour. Elle est incontournable. La Biennale de Paris a pour objet de favoriser une rupture avec les conventions de l’art aujourd’hui épuisées. Elle affirme un nouveau statut de l’art. Elle est pensée depuis des pratiques actives dans le réel à tel point qu’on ne peut pas toujours les distinguer de ce qui les entoure. La Biennale de Paris est un processus de transformation. Elle propose des pratiques qui induisent leur propre mode de présentation, leur temporalité et leur localité. Elle a lieu là où des choses se passent et quand elles se passent. C’est la raison pour laquelle elle ne se déroule pas seulement à Paris et chaque édition prend fin au commencement de la suivante. La Biennale de Paris s’envisage dans le temps, les démarches se présentant dans leur mouvement même qui évolue au cours de ses éditions successives. La Biennale recherche une réciprocité avec les projets qui la fondent, le but étant d’interroger et de modifier les contextes sociaux, économiques, politiques et idéologiques. La Biennale de Paris affirme un mode de présentation par entité ou par projet. Elle se constitue en énergie critique optimale de changement tout en préservant l’autonomie de décision de chacun. C’est une institution horizontale ayant une constitution spécifique. La Biennale est proposée sous forme de partage à ses partenaires, chaque participant étant considéré comme partenaire. Elle libère l’art d’un asservissement à des corps de pouvoirs constitués. La Biennale de Paris est un organe stratégique de liberté. |